Découvrir la forêt Fleche breadcrumb La petite histoire des Hautes-Laurentides

La petite histoire des Hautes-Laurentides

La naissance des Hautes-Laurentides
Les premières nations
Les forestiers
Les colons agriculteurs
Aujourd'hui


La naissance des Hautes-Laurentides

Il y a 100 000 ans débutait la dernière des quatre glaciations qui ont façonné le visage du bouclier Laurentien.  Cette période glaciaire a atteint son apogée il y a 20 000 ans, alors que le glacier qui couvrait presque tout le Canada s’étendait au sud jusqu’à l’état du Wisconsin et atteignait jusqu’à  2,5 km d’épaisseur.  Le poids colossal de cette masse de glace a enfoncé la croûte terrestre de 700 mètres.

La fonte graduelle du glacier s’amorce il y a environ 18 000 ans et atteint le plateau Laurentien il y a 11 000 ans.  Une quantité phénoménale d’eau est alors libérée et doit se creuser un chemin sous la glace et à la périphérie du glacier en érodant la roche la plus friable. C’est ainsi que furent creusées les nombreuses vallées qui accueillent nos rivières et composent le paysage que nous connaissons aujourd’hui.

HAUT DE PAGE


La première génération d’humains à coloniser les Hautes-Laurentides

Les Premières Nations

Après la fonte des glaces, la végétation se réinstalle progressivement favorisant la réorganisation des communautés animales, ce qui permettra la survie des humains. Des recherches archéologiques réalisées dans la région révèlent que des groupes primitifs occupaient le territoire il y a de cela au moins 4 000 ans. Les fouilles ont mis au jour divers outils et armes dont des pointes de lances taillées dans le quartz et pointes de flèches en silex ainsi que des fragments de poteries finement décorées.

Ces hommes et ces femmes, que les archéologues appellent les Bouclériens, ont remonté le fleuve Saint-Laurent et le Plateau Laurentien par les nombreux lacs et cours d’eau afin d’y trouver leur subsistance. Selon les saisons, ils cueillent les fruits sauvages, pêchent le poisson et chassent les orignaux, caribous et wapitis pour s’en nourrir et se confectionner outils, vêtements et abris à partir de leur fourrure, leurs os et leurs bois.  On voyage sur l’eau à l’aide de canots faits de bois de cèdre et d’écorce de bouleau. Les Bouclériens transmettront leurs coutumes et savoir-faire à leur descendance, les Anish-nah-be, qui signifie « les vrais hommes » qu’on nommera plus tard les Algonquins.

On attribue à ces derniers le nom donné à la rivière du Lièvre.  Selon leur mythologie, le Grand-Lièvre, un esprit du bien, aurait sauvé les animaux en les recueillant dans son grand canot alors qu’un esprit du mal tentait de les noyer par de fortes pluies.  Par respect, les Algonquins le dessinaient, corps humain avec oreilles de lièvre, sur les parois rocheuses verticales qui plongent dans la rivière.

Sur une période de plus de 5 000 ans, les peuplades autochtones qui occupent le nord de l’Amérique, puisent leur subsistance de la nature environnante et développent des relations commerciales entre les diverses nations.

Puis, au 17ième siècle, l’homme blanc remonte les rivières…

La première mention documentée de la rivière du Lièvre nous vient de Samuel de Champlain qui, passant devant son embouchure en remontant la rivière des Outaouais en 1613 la décrit en ces mots : « …une autre ‘’rivière’’ fort belle et spacieuse, qui vient d’une nation appelée Ouescharini… (La Petite Nation)  Cette rivière est fort plaisante, et à causes des belles îles qu’elle contient et des terres garnies de beaux bois clairs qui la bordent, la terre est bonne pour le labourage.».

Guidés par les Amérindiens, les explorateurs venus d’Europe pénètrent le territoire. Avides de fourrures de castor pour combler la demande européenne, les blancs font le commerce avec les Algonquins qui troquent leurs prises contre les fusils, des objets de métal et l’eau de vie.  Bien qu’à cette époque l’Europe avait déjà érigé ses grandes cathédrales, les amérindiens vivaient encore à l’âge de pierre.  L’arrivée des haches de métal et des casseroles par exemple, a permis d’améliorer considérablement leurs conditions de vie.

L’arrivée des blancs en Amérique va complètement ébranler l’univers des autochtones. Les blancs apportent avec eux des maladies inconnues ici qui décimeront presque entièrement certaines tribus. Des nations autrefois alliées entretenant des relations séculaires basées sur la confiance, se livreront désormais des guerres sans merci, leurs liens traditionnels étant bouleversés par la nouvelle présence des blancs.

HAUT DE PAGE


La seconde génération à occuper le territoire des Hautes-Laurentides

 
Les forestiers

En 1759, le Canada devient une colonie britannique. La compagnie de la Baie d'Hudson installe un poste de traite de fourrures sur la Lièvre aux environs de l’embouchure du lac des Sables en 1826. Jusqu’au milieu du 19ième siècle, c’est à partir de cet endroit que la compagnie contrôle le commerce de la fourrure en provenance du nord de la Lièvre et de la Gatineau.

Le commerce de la fourrure se poursuit mais commence à décliner. Au milieu des années 1800, l’armée britannique a besoin de bois pour assurer l’entretien et le développement de sa flotte de navires. Les Hautes-Laurentides représentent un important réservoir d’immenses pins blancs d’une qualité exceptionnelle.

Les bûcherons prennent alors d’assaut la forêt, désormais propriété de la couronne britannique et récoltent au godendart les arbres en remontant la rivière.  Le bois est équarri à la hache et jeté à l’eau pour être transportés par la force des rivières jusqu’au port de Québec.  La drave était inventée. De là, les grosses pièces de pin seront embarquées sur des navires et expédiés en Angleterre.

À mesure que l’homme blanc s’approprie le territoire, les autochtones se retranchent plus au nord.

L’industrie du bois se transforme pour répondre aux nouveaux besoins du marché. L’installation de moulins à papier en aval de la Lièvre amène les forestiers à récolter le sapin et l’épinette. Pour approvisionner ces moulins, des milliers d’hommes vont travailler sur les chantiers.  Des entrepreneurs tels Bowman, Bigelow et Maclaren établissent des fermes forestières en plein cœur de la forêt sur les berges de la rivière pour nourrir cette armée de bûcherons.  Lorsqu’on a fini de récolter les arbres autour de la ferme, on remonte la rivière et on installe une nouvelle ferme.

HAUT DE PAGE


 

La troisième génération d’Hommes à s’installer dans les Hautes-Laurentides


Les colons agriculteurs

Jusqu’ici, les hommes et les femmes qui ont sillonné le territoire étaient tous des nomades. Les autochtones suivaient le gibier, les forestiers récoltaient le bois en remontant les rivières. Les premiers à prendre racine sur le territoire furent les colons agriculteurs.

À cette époque, les vieilles terres seigneuriales de la vallée du St-Laurent sont surpeuplées, les canadiens français doivent s’exiler en Nouvelle-Angleterre pour trouver du travail dans les usines.  Pour freiner cet exode, le Curé Labelle fait tout en son pouvoir pour favoriser la colonisation des terres riches et fertiles qui bordent les rivières Kiamika et la Lièvre.

Les fermes forestières sont cédées aux premiers colons agriculteurs et deviennent souvent l’embryon de nos villages.

La Lièvre est encore le seul chemin de communication.  En 1883 des bateaux à vapeur transportent les nouveaux arrivants de Buckingham à Notre-Dame-du-Laus. Après 1885, la construction du chemin Chapleau facilitera grandement la colonisation des pays d’en haut.

En 1898 le curé Desjardins recense plus de 1000 personnes qui ont eu l’audace de croire au rêve du curé Labelle et qui sont à ouvrir et défricher les Hautes-Laurentides. Les premiers commerçants s’installent près du rapide de l’orignal qui deviendra le Mont-Laurier que nous connaissons aujourd’hui.

HAUT DE PAGE


Aujourd’hui…

Quatrième génération à vivre dans les Hautes-Laurentides
 
Plusieurs grands barrages ont été construits sur nos rivières pour améliorer l’efficacité du flottage du bois pour alimenter les usines de papier journal situées en aval. Nos rivières ont ainsi transporté le bois vers le sud sur leur dos durant plus de 200 ans pour s’arrêter aux environs de 1990.

Depuis, on a reconnu l’importance de protéger ces richesses que sont les rivières et les forêts. Les réservoirs créés en amont des barrages sur nos rivières sont désormais occupés par une nouvelle génération d’utilisateurs ; les villégiateurs. La pêche sportive, la navigation de plaisance et le canotage sont quelques-unes des activités que nous pratiquons aujourd’hui sur les flots de nos cours d’eau. La récolte du bois, la randonnée, la chasse sont aussi des activités que nous pratiquons entre nos majestueuses montagnes et qui font partie de notre mode de vie.

Les Premières Nations ont tiré leur subsistance de la nature, à force de travail les premiers hommes blancs ont pu établir leur famille sur ce magnifique territoire et développer les communautés que nous sommes devenues. Aujourd’hui, grâce à la ténacité de nos ancêtres, nous prenons plaisir à y vivre…

HAUT DE PAGE